2015-08-25 21_49_48-edgardvidal_2.gif (GIF Image, 500 × 500 pixels)Véronique Boyer (CNRS-MASCIPO) et Paul Schor (Paris VII-MASCIPO)

Résumé Le débat sur les catégories ethniques et/ou raciales s’est renouvelé à la fin du XXe siècle avec la mise en place de politiques multiculturelles et l’émergence sur les plans juridiques internationaux des droits associés au statut d’“indigène”. Ce statut conduit les États et les institutions internationales à forger des catégories sociales afin d’être en mesure d’appliquer leurs politiques. Il s’ensuit une dialectique complexe entre les institutions et les populations concernées, ces catégories prenant différents sens selon le locus ou niveau d’analyse et selon le degré d’instrumentalisation qu’on peut en faire. Or, les analyses des perceptions et remaniements des catégories étatiques au sein de groupes sociaux visés par ces mêmes classifications restent toujours subordonnées à ces dernières, même si elles les déconstruisent. Elles courent ainsi le risque, souvent à leur insu, de réifier ou de naturaliser ces catégories. Prenant un point de départ différent, celui des représentations et non des catégories en elles-mêmes, notre article contribue à l’analyse de cette dialectique avec quatre études de cas croisées concernant des populations en Colombie et au Mexique qui seraient a priori catégorisées comme “noires” ou “indiennes”. Le quotidien de ces groupes montre d’autres types de catégorisations possibles, internes, parfois même transversales, qui loin de naturaliser les catégories “Indien” et “Noir”, dévoilent d’autres modes d’identification sociale, sans doute plus pertinents pour les acteurs en question tout autant que pour les sociétés dans lesquelles ils s’insèrent.