2015-08-25 21_49_58-edgardvidal_2.gif (GIF Image, 500 × 500 pixels)Présentation de leur livre : El regreso de lo indigena. Retos, problemas y perspectivas, V. Robin Azevedo et C. Salazar-Soler (eds.), Lima, IFEA/CBC/Ambassade de France au Pérou-Coopération Régionale avec les Pays Andins.
Discutants : Jean-Loup Amselle (EHESS – CEAF) et Guillaume Boccara (CNRS – MASCIPO)
Résumé  : Ce livre propose une réflexion depuis les sciences sociales sur la problématique du multiculturalisme et de l’ethnicisation des relations sociales à partir de l’examen de plusieurs cas de pays des Amériques. Les auteurs de cet ouvrage se penchent sur la singularité des mouvements indigènes du continent et questionnent l’élaboration du « comptage d’Indiens » ainsi que la construction de la notion de différence culturelle dans le domaine juridique. Les différents textes explorent ainsi les liens entre ethnicité et politique et s’intéressent également aux récents phénomènes d’ethnogenèse, à la création et/ou recomposition d’une identité ethnique singulière qui est le plus souvent utilisée comme un moteur d’action sociale. Dans ce sens, la revendication ethnique est envisagée dans sa dimension stratégique comme une nouvelle ressource d’action collective. Le livre s’intéresse aussi aux phénomènes d’invention et de réinvention de la tradition et à la dynamique entre la « tradition préhispanique » et le New Age au Nord et au Sud du continent.

Paul Schor (Paris VII – MASCIPO)
Présentation de son livre : Compter et classer. Histoire des recensements américains 1790-1940, Paris, Éditions de l’EHESS, 2009.
Discutants : Véronique Boyer (CNRS – MASCIPO) et Morgane Labbé (CRIA/EHESS)
Résumé : En retraçant les évolutions des catégories utilisées par le recensement américain, ce livre pose la question du rôle et des enjeux politiques et sociaux des statistiques démographiques. Loin de n’être que de simples miroirs d’une société ou un instrument du pouvoir, les recensements sont le lieu de négociations complexes entre l’État, les experts et la population. L’histoire des catégories renvoie à celle d’un pays dont l’identité est intimement liée à une interrogation continue sur la composition de sa population.

Carine Chavarochette (MASCIPO)

« Propriété de la terre et rituel agraire. Quand deux disciplines se répondent  : anthropologie et histoire du Sud-Est mexicain (Chiapas) »

Résumé  : Cette recherche s’intéresse au thème de la terre comme objet de travail et de ressources mais aussi comme territoire politique. Les pratiques culturelles des populations du sud-est mexicain sont significatives d’une identité régionale, liée à la terre et à sa propriété. La création et la réactivation de rituels dépendent des crises économiques, politiques et bien sûr agraires. Le parcours emprunté par les pèlerins, par exemple, met en relief le système de propriété agraire de la région, c’est-à-dire celui des anciens grands domaines mais aussi les terres cultivées et gérées de façon communautaire, représentées à travers le système mexicain des ejidos. Le pèlerinage tojolabal présente des pratiques et des bénédictions destinées à solliciter la diminution du risque de l’environnement et à utiliser des éléments pour la protection du sol, même si ce système de croyances et de pratiques agricoles associées aux festivités du Carême sont articulées et se réfèrent à l’idéologie catholique. Ainsi la perspective historique et l’étude des sources primaires replacent la question agraire dans son contexte politique et social tandis que l’approche anthropologique permet de mettre en valeur le vécu symbolique des populations. La consultation des archives tente de restituer les grandes lignes de l’occupation de l’espace de cette région pour éclairer les problèmes présents et leur persistance, tandis que le travail de terrain et les différents entretiens permettent de cerner la perception autochtone de la terre et de sa possession.